• Louis XIV recevant les clefs de Strasbourg

    Le quartier Halles-Tribunal au Grand Siècle

    C’est le 30 septembre 1681 qu’après avoir tenté en vain de préserver ses pivilèges de ville impériale,que Strasbourg dut céder au jeune roi Louis XIV qui, par le traité de Westphalie de 1648, avait intégré l’Alsace au royaume de France. Près d’un mois plus tard, le 28 octobre, le Roi-Soleil faisait ainsi son entrée dans sa nouvelle ville.

    Louis XIV rentre dans Strasbourg suite à la prise de la ville, par Paul Lehugeur, XIX° siècle.

    Louis XIV rentre dans Strasbourg suite à la prise de la ville, par Paul Lehugeur, XIX° siècle.

    Ceci n’eut toutefois que peu d’incidence sur le quartier. Vauban, ingénieur des fortifications royales, était plus préoccupé par la défense des quartier est et sud tournées vers l’Allemagne, d’où pouvait surgir le nouvel ennemi. On s’attacha donc à la construction de la Citadelle et au renforcement des remparts sud.

    Au nord-ouest, entre les portes de Pierre, de Saverne et Blanche, on se borna à remplacer le mur crénelé par un rempart en levée de terre avec redans et bastions. Mais avec le renforcement de la garnison, on construisit de nouvelles casernes, celle de Finkmatt en bordure du Fossé des treize, et celle de la rue Kageneck dont une partie subsiste aujourd’hui et abrite les services d’Arte après avoir servi aux pompiers.

    emile Lemaître 1860 Louis XIV devant Strasbourg

    emile Lemaître 1860 Louis XIV devant Strasbourg

    La présence de nouvelles troupes entraîna, dans le Faubourg de Pierre et le Marais Vert, l’ouverture d’autres débits de boissons. Des artisans, vivant de leurs relations avec les militaires, remplacèrent certains maraîchers et jardinier.

    Pourtant le quartier ne changeait guère et seule l’entrée solennelle du roi Louis XV, en 1744, anima temporairement le Faubourg de Saverne où avait été édifié un arc de triomphe provisoire en bois et toile peinte.

    Plan-relief de 1725-27, conservé au Musée Historique de Strasbourg. Phot. Claude Menninger.

    Plan-relief de 1725-27, conservé au Musée Historique de Strasbourg. Phot. Claude Menninger.

    La ville pourtant, engoncée dans ses murailles, commençait à se sentir à l’étroit. L’accumulation des déchets, les épidémies de 1734, 1745, et 1750 rendirent aiguë la crise du logement qui se faisait sentir à Strasbourg. Dans le centre de la ville, des bâtiments neufs remplaçaient les construction des époques gothiques et renaissance. Un architecte parisien, Blondel, conçut en 1764 un plan d’urbanisme destiné à rénover Strasbourg. Il prévoyait en particulier l’aménagement de rues et des constructions nouvelles dans le Marais Vert.

    Plan des fortifications de Strasbourg et ses environs 1725.

    Plan des fortifications de Strasbourg et ses environs 1725.

    Mais faute de moyens financier, la réalisation de ce plan se limita à quelques démolitions au centre de la ville et à l’édification de l’Aubette.

    En 1780, la suppression des porte de Spire et du Fort facilita l’accès aux faubourgs de Saverne et de Pierre. Mais bientôt la révolution et les guerres de l’Empire allaient mettre un terme provisoire aux grands projets. seules la nationalisation de quelques hôtels particuliers et la sécularisation d’édifices religieux-notamment la chapelle de la Toussaint- modifièrent le cadastre dans pour autant changer la topographie