• impasse des bonnes gens Karim TATAI Strasbourg

    Les noms des rues quartier Halles-Tribunal

    Dans notre quartier, les citations de nom les plus anciennes ne remontent qu’au XIII ème siècle. Il se peut que dans certains cas, des sources antérieures aient disparu, mais il semble bien qu’en général, les nom ont commencé à être donnés à cet époque par nécessité. Le gouvernement de la ville tentait alors pour la première fois d’identifier systématiquement et d’organiser la propriété foncière, jusque là fluctuant au gré de ses possesseurs, ce qui causait de multiples différents entre particuliers et privait le trésor de Strasbourg d’importantes rentrées d’argent.

    Les numéros n’existant pas encore (le premier numérotage, bien imparfait, date de 1785) la localisation se faisait à l’aide d’un élément caractéristique, connu de tous, par exemple, la nature du lieu, un personnage, un groupe influant, un établissement….

    plan de strasbourg Schoepflin

    Plan de Schoepflin (Copie de Seupel)

    Il est bon de se reporter à la physionomie que présentait le quartier autrefois sur le plan Seupel de 1680. On y voit que le peuplement se situe essentiellement le long des deux rues principales, le faubourg de Pierre et le Faubourg de Saverne, allant de manière rectiligne de l’Ill vers le Nord. Celles-ci sont reliées transversalement au Sud près des quais par deux autres rues, celles des Mineurs et la Toussaint, plus tortueuses. Toute la surface restante est couverte de jardins maraîchers et de propriétés desservis par de nombreuses ruelles et impasses dont certaines existent encore aujourd’hui.

    La rue la plus ancienne, la rue du Faubourg de Pierre -Steinstrasse- 1220

    rue du faubourg de Pierre Karim TATAI StrasbourgCette voie est la plus ancienne puisqu’elle emprunte le tracé de la voie romaine qui partait du camp antique vers le Nord. Elle était pavée, ce qui était rare à l’époque, (d’où son nom) et n’a changé de nom qu’à l’époque révolutionnaire où elle porta le nom de Faubourg de la Montagne et Faubourg Marat.

     

     

     

    Autour du Faubourg de Pierre

      • L’impasse de la Pie– Elstergässcher, nom attesté dès 1561 – qui a porté aussi le nom de rue du Cuvelier à la même époque
      • Impasse de Mai StrasbourgL’impasse du Mai– Meygesselin, 1580 ; il s’agit de la probable déformation de Magd, jeune fille, servante , sous la Révolution, elle portait le nom de rue des Saisons
      • La rue Graumann -Zum den Grawen Mann, 1561 – la rue près de l’auberge de l’Homme Gris, citée dès 1382. Cette appellation pourrait faire allusion au Diable ou à un personnage malfaisant.
      • La rue des Cigognes – impasse des cigognes , 1856, nommées aussi par proximité de la brasserie Aux Trois cigognes, citées desè 1833
      • La rue du Chevreuil, Klein Gässel bein dem Hirzhorn, 1755, située près de l’auberge de la Corne de Cerf, citée dès 1407. Le nom de chevreuil apparaît en remplacement en 1856.

    impasse du louveteau

    • L’impasse du Louveteau

    , 1856 – nommée ainsi par la proximité de l’auberge Zu dem Wolfe, citée dès 1386

    • L’impasse des Bonnes Gens– Gutleutgässel, 1580, s’est appelée aussi rue du Bon Air sous la Révolution. La maison des Bonnes Gens était une léproserie accueillant les incurables -les bonnes gens par euphémisme – Située à l’extérieur de la ville, près de l’Église Sainte Hélène (Église rouge à cause de ses murs en brique et en grès et actuel cimetière à Schiltigheim, elle possédait des propriétés desservies par cette impasse.

     

     

     

    La rue du Faubourg de Saverne

    Nommée relativement tard, elle est aussi fort ancienne, puisqu’on l’appelle en 1390 Der Steinin Weg “voie directe partant de la porte de l’Evèque à Cronembourg, ceci explique l’autre nom également utilisé à plusieurs reprises de rue de Cronembourg. C’est l’une des principales sorties de la ville.

    Autour du Faubourg de Saverne

    • la rue Kuhn, 1786- appelée autrefois derrière Saint Marc – 1489- et pendant la période révolutionnaire, rue de la Fraternité ; cette voie, comme plusieurs autres, porte le nom d’un jardinier, Michel Kuhn qui y demeurait et dont la ferme occupait l’emplacement des numéros pairs.
    • La rue du Feu– rue de l’Incendie, 1784, sous la Révolution rue de l’Abondance, elle a été crée en 1783 après un violent sinistre qui détruisit en 1782 plusieurs établissements maraîchers.
    • La rue de Pâques – Ostertaggasse, 1672 – anciennent Metzengesselin, 1580 et sous la Révolution, rue de la Piété filiale, puis rue de la Charrue, elle porte le nom d’un autre jardinier, un certain Hans Ostertag qui y vivait vers 1550. Par la suite, comme souvent, le souvenir de celui-ci s’est perdu et la traduction française, faite par analogie est erronée.

    La rue des Mineurs -Berckherrengasse, 1580

    rue des mineurs Karim TATAI StrasbourgAntérieurement Heimburgengasse dès 1427, d’après le titre donné aux juges épiscopaux qui arbitraient les contestations pour dettes au XII ème siècle, elle a été nommée par allusion à Israël Münckel, possesseur et exploitant vers 1522 de mines d’argent à Ste Marie-aux-Mines. Il y avait acquis une forture considérable et possédait une vaste propriété qui allait de l’impasse du Mai à l’actuelle rue Clément. Il y fit construire en 1557 un luxueux hôtel particulier appelé Bergherrenhof.

    La rue de la Toussaint – Allerheiligen Bruch, 1427

    Débaptisée à la période révolutionnaire en rue des Sans Culottes, de la Montagne, puis du Rateau, elle tire son nom du convent de Prémontrés d’Allerheiligenberg en Forêt Noire qui était devenu en 1297 propriétaire de l’établissement d’un ordre de moines mendiants dissous par le Concile de Lyon en 1275.

    sur le pignon au dessus de la banque populaire du faubourg de Pierre qui fut avant le restaurant "Au loup"

    sur le pignon au dessus de la banque populaire du faubourg de Pierre qui fut avant le restaurant “Au loup”

    Les renseignements contenus dans cet article écrit par Dominique BORZEIX sont en grande partie tirés des ouvrages suivants :

    • Histoire illustrée de Strasbourg et de ses environs, Frédéric PITON
    • Strasbourg historique et pittoresque depuis les oridines jusqu’en 1870 d’Adolphe SEYBOTH (1894)
    • Dictionnaire historique des rues de Strasbourg de Maurice MOSZBERGER, Théodore RIEGER et Léon DAUL.