• ancienne synagogue de Strasbourg

    Le quartier halles tribunal de 1870 à 1914

    Le traité de Franckfort, signé le 10 mai 1871, arrache Strasbourg et l’Alsace à la France pour en faire un Reichsland sous le protectorat de la Prusse. Soucieux d’asseoir sa puissance entre Vosges et Rhin, le pouvoir prussien décide de faire de notre ville une grande métropole rhénane.

    notre quartier en 1870 avant la reconstruction

    notre quartier en 1870 avant la reconstruction

    Les autorités militaires, pressées de moderniser le système de défense, s’allient aux urbanistes pour réaliser rapidement cet ambitieux programme. Il en nait le projet d’une ville nouvelle, s’élargissant vers le nord et surtout vers l’est jusqu’au Rhin pour raffermir la jonction avec la “patrie allemande”. Le fleuve devait devenir “Deutschlands Strom und nicht Deutschlands Grenze – fleuve allemand et non frontière de l’Allemagne”.

    Notre quartier, aux portes de la Neustadt

    Notre quartier, aux portes de la Neustadt avec la rue Finkmatt

    Sur la trame d’un plan élaboré par l’urbaniste allemand Conrad, de nombreux bâtiments officiels sont édifiés, mais on laissa à l’initiative privée une grande part des réalisations prévues et, en peu d’années, la surface de la ville passe de 232 à 618 hectares.

    Comme beaucoup d’élites alsaciennes ont opté alors pour la France et quitté notre cité, ce sont surtout des architectes et entrepreneurs allemands qui réalisent les travaux et les nouveaux quartiers sont en grande partie habités par des fonctionnaires, petits et grands, venus d’Outre Rhin.

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    la gare de Strasbourg en 1891

    Une des premières réalisations est la construction d’une nouvelle gare, entreprise en 1878 sur un terrain de 37 hectares. Achevée en 1883, elle attire dans ses environs, et plus particulièrement dans la partie nord nouvelle de notre quartier, des établissements artisanaux et industriels. Le nouveau réseau ferré qui dessert la gare constitue la limite septentrionale de la ville et ne permet pas beaucoup au quartier de s’agrandir dans cette direction.

     

    Strasbourg marche aux puces devant ancienne gare 1885

    marché aux puces devant l’ancienne gare en 1885

    L’extension se fait sur le terrain des anciens remparts qui deviendra plus tard les boulevards Wilson et Poincaré, s’étendant jusqu’à la rue de Sarrebourg et à la future rue Adèle Riton. La place de Haguenau, aménagée en prolongement du Faubourg de Pierre, était limitée au nord par la nouvelle Porte de Pierre. Ouvrant sur la route de Schiltigheim, elle donnait accès vers le sud-est au nouvel axe des avenues des Vosges et de la Forêt Noire.

    Seul le début de cet axe, entre place de Haguenau et rue Finkmatt s’est donc ajouté à notre quartier, avec de nouvelles constructions auxquelles se sont joints les immeubles édifiés en remplacement de ceux détruits par les bombardements dans le faubourg de Pierre et ses environs. D’autres bâtiments sont réparés et des voies nouvelles tracées, surtout dans l’ancien Marais Vert où sont créées les rue de Bouxwiller et Friesé.

    Ancienne Synagogue de Strasbourg

    Ancienne Synagogue de Strasbourg

    Dans ce même secteur, l’ancienne gare, vieille seulement d’une trentaine d’années, devient halle de marché. L’usine à gaz construite avant la guerre s’agrandit et occupe tout l’espace compris entre les boulevards et les rue de Bouxwiller, Friesé et de Hausbergen, actuelle rue des Halles. Deux nouveaux occupants importants viennent s’installer à proximité : la nouvelle Synagogue et le dépôt de tramways.

    La synagogue devait remplacer l’ancien édifice culturel de la communauté juive situé rue Ste Hélène, devenu trop exigu pour les 4000 israélites que comptait Strasbourg en 1890. La première pierre du nouvel édifice fut posée en grande pompe le 9 avril 1896, sur un terrain offert par la ville.

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    le Palais de Justice et l’Eglise St Pierre le Jeune

    Sur le quai du vieux Fossé des Remparts, deux somptueux édifices constituent le pendant de l’imposante synagogue : le Palais de justice et l’Eglise St Pierre le Jeune. Les deux bâtiments sont l’œuvre du même architecte, Neckermann, qui remporta le concours pour le premier et s’associa avec son confrère Hartel pour réaliser l’église. Avec sa lourde coupole, mi Byzantine, mi Renaissance, couverte de cuivre verdi, elle domine le site au débouché du Pont de la Fonderie.

    Quant au Palais de Justice, il remplaça l’hôtel de la rue de la Nuée bleue, hôtel de police jusqu’en 2009, qui abritait avant les tribunaux de grande instance et d’instance.

    Mais c’est à l’est, là où il y a peu de Fossé des Treize bordait les remparts de Specklin, que notre quartier va le mieux se fondre dans la ville nouvelle. La rue Finkmatt, tracée sur le site des fortifications rasées et de la caserne détruite, devient la jonction entre les deux parties de la cité.